Ross Gash

du 21 mai au 28 juin 2015

Vernissage le mercredi 27 mai 2015

 

 

TOPOGRAPHIA


La rencontre avec le travail de Ross Gash est une expérience physique. Le corps est plongé dans un bain lumineux, énergique, étourdi de formes naïves, figuratives ou abstraites.
Avec Topographia, Ross Gash invite à circuler dans ses mind maps. Foisonnement urbain, déplacement du regard, éclaboussures de couleurs et de formes, Ross Gash réinterprète les choses qu’il a vues ou vécues dans la ville. Paris, New York, Londres, ou cité imaginaire. Emotions, rencontres, expériences sensorielles, graffitis, publicité, lumières… autant de traces dont Ross Gash traduit les empreintes mentales.

Son mapping est un processus de création global, générant des atmosphères différentes, des enclaves de souvenirs, dans un même ensemble. Le peintre australien déambule dans la surface de ses tableaux comme dans les artères d’une ville. Son pinceau se promène, ses mains le guident de façon automatique et aléatoire. Il construit au fur et à mesure de ses avancées sur la toile et travaille par sections, par quartiers. Au départ, il crée une surface agitée avec de l’acrylique. Puis il suit le rythme imprimé par la peinture à huile avec son temps de séchage. Dans la luxuriance des couleurs, il utilise notamment des fluos, tons synthétiques, reflétant les constructions artificielles contemporaines. S’il n’a finalement pas envie d’aller dans une direction, repentir, il efface en préservant quelques signes de ce passage, et reprend le voyage, jusqu’à ce que sa section soit terminée. Ainsi le mouvement d’édification se poursuit, les quartiers s’emboîtent et croissent de manière organique. Des formes schématiques de maison, d’animal, de visage ou des abstractions s’entremêlent. Ross Gash cherche et élabore avec des pinceaux ou des bâtonnets à l’huile qui offrent un rapport très direct à la surface de la toile. Il aime le dessin, le cartoon, sa ligne est langage, écriture. Il recherche un trait naïf, brut, mû par une fragilité expressive et rejette les lignes assurées. Son néo-expressionnisme, dans sa libre figuration, convoque l’expérience perceptive. Sa peinture vibre. Pour le regardant, l’expérience s’apparente à une traversée à la Jarmusch, invitant à prendre le temps de la déambulation, à saisir les clés de la ville dans un vertige de formes.

Ross Gash trace des chemins, des ponts, des lignes de tram entre ses différents quartiers. Il crée des connections afin de brosser une polyphonie urbaine. Sa peinture est optimiste et agit par une accumulation de forces, de lignes graphiques et d’énergie. Elle immerge le spectateur dans les torsions de la ville irradiée de couleurs.

Né en Australie, Ross Gash intègre l’école des Beaux-Arts du Prahran College à Melbourne en 1979, où il obtient un Major en peinture avec une spécialisation en photographie.
Son talent attire rapidement l’attention. Il remporte le premier prix de dessin puis de peinture au Prahran College, avant d’obtenir en 1983 le prix de la découverte du ministère de la Culture australien. Ce prix, en collaboration avec l’Alliance française, lui permet de venir découvrir la scène artistique européenne. Il réside à Paris et voyage en Europe entre 1983 et 1986, avant de s’installer dans l’état de New-York. En 1989, il intègre l’agence de photographie Grandeur Nature puis l’agence Gamma-Rapho. Il travaille comme graphiste et photographe tout en poursuivant sa recherche artistique jusqu’en 2010. Actuellement, il se consacre à son art dans son atelier de la vallée de Chevreuse. Ross Gash a exposé en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. Ses œuvres ont notamment intégrées les collections de l’Australian National Gallery à Canberra, du Heide Museum of Modern Art et de la National Gallery of Victoria à Melbourne, ainsi que de nombreuses collections privées à travers le monde.